L’investisseur avisé 

Trois appuis en moins pour Bombardier

Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar

Bombardier a perdu l’appui de trois analystes cette semaine.

Les experts de la BMO, de la Financière Banque Nationale et de Raymond James ont tous retiré leur recommandation d’achat. Fadi Chamoun, de la BMO, émet des doutes sur la réalisation de la stratégie de désendettement, étant donné l’incertitude économique actuelle alimentée par la COVID-19. Les ventes d’actifs récemment annoncées pourraient ne pas se concrétiser, selon lui.

Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, prévient de son côté qu’il faut s’attendre à ce que la demande pour les jets d’affaires diminue au cours des 12 prochains mois. « [Il y a] une récession à l’horizon et beaucoup d’entreprises risquent d’ajuster leurs dépenses à la baisse. »

Il ajoute qu’avec une valeur boursière inférieure à 1,5 milliard, la fermeture du capital est de plus en plus probable.

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L’une des plus importantes équipes de gestion de portefeuille chez Desjardins Gestion de patrimoine a informé ses clients jeudi que la totalité des liquidités disponibles seraient investies avant le week-end.

Tous les ingrédients sont réunis pour que les marchés rebondissent, selon le Groupe Ouellet Bolduc. D’abord en raison de l’intervention des banques centrales. La Réserve fédérale américaine (Fed) a réduit son taux directeur à 0 % et annoncé un plan d’assouplissement monétaire. « Le but est de stimuler la consommation, d’assouplir les conditions financières et de réduire le stress financier en fournissant la liquidité pour assurer l’accès au crédit. Le même type de mesures a été annoncé au Canada pour assurer notamment le bon fonctionnement du marché hypothécaire. »

Les initiatives financières (indemnisations, prêts, crédits d’impôts, etc.) visant à soutenir les industries et les travailleurs touchés par le coronavirus, ainsi que la mise en place de stratégies pour contrer sa propagation, sont également évoquées pour justifier la confiance.

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Marché Goodfood est l’un des rares titres québécois, et même canadiens, à avoir touché cette semaine un sommet des 52 dernières semaines. L’action de l’épicier en ligne montréalais et spécialiste du prêt-à-cuisiner a frôlé la barre des 4 $ jeudi.

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Le gestionnaire d’actifs montréalais Fiera Capital a gagné une recommandation d’achat et en a perdu une vendredi après la présentation de ses résultats de fin d’exercice jeudi. Graham Ryding, de la TD, suggère désormais d’acheter le titre. « Le dividende est à l’abri. » Son homologue à la Banque Nationale n’en est pas aussi certain. « Les flux de trésorerie suffisent pour soutenir le dividende, mais ce ne sera plus le cas si l’actif sous gestion recule de 5 % additionnel », dit Jaeme Gloyn.

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Les titres des grandes banques canadiennes sont des « achats », selon l’analyste responsable de la couverture du secteur financier à la TD. Dans une note publiée vendredi, Mario Mendonca recommande désormais l’achat de l’action de la Banque Nationale, de la Scotia, de la BMO et de la CIBC. Il recommandait déjà l’achat de celle de la Royale. « Aux cours actuels, le rendement sur 12 mois est attrayant. »

Il affirme ne pas craindre des réductions de dividendes malgré la tourmente et révise ses prévisions de bénéfices à la baisse pour refléter ce qui sera une « courte récession » en Amérique du Nord qui débute presque immédiatement et se terminera vers la fin de l’année. « J’accepte le risque que de mauvaises nouvelles liées au virus puissent susciter une volatilité boursière extrême et vraisemblablement de mauvaises séances pour les titres. Les prochains trimestres pourraient représenter un défi, mais les banques vont émerger de la crise avec un modèle d’affaires intact et une capacité inchangée à générer des bénéfices. »

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Couche-Tard a réaffirmé cette semaine son intérêt envers l’australienne Caltex et confirmé qu’une vérification diligente se déroule. Toutefois, dit Peter Sklar, de la BMO, si Caltex n’est pas disposée à renégocier le prix, il est peu probable que la transaction se boucle puisque la valeur de Caltex a considérablement chuté sous le prix offert en raison de la volatilité des marchés. « Des cibles d’acquisition plus attrayantes pourraient surgir. »

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Parlant de Couche-Tard, la TD recommande à nouveau l’achat de l’action. Dans un rapport publié jeudi, l’analyste Michael Van Aelst estime que le repli boursier rend le titre attrayant. Il prévient néanmoins que l’action n’a peut-être pas atteint le plancher dans le contexte actuel.

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Dans une note publiée en milieu de semaine, la Scotia recommande désormais d’acheter le titre du fabricant montréalais de simulateurs de vol CAE. « Le ralentissement actuel dans le secteur de l’aviation est sans précédent », souligne Konark Gupta. Toutefois, ajoute-t-il, les services de formation de CAE pourraient être relativement plus résilients en raison des exigences de formation obligatoires en vigueur dans l’industrie.

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La direction du voyagiste montréalais Transat prend différentes mesures pour protéger ses abondantes liquidités (682 millions, ou environ 17 $ par action), notamment avec des réductions de coûts, gels d’embauche, reports de projets, etc. « Une réduction importante de ces liquidités pourrait mener à la renégociation du prix de vente de 18 $ par action à Air Canada », a toutefois commenté mercredi l’analyste de la TD, Tim James, dans une note envoyée à ses clients.

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La BMO et AltaCorp Capital suggèrent depuis mardi de larguer le titre du producteur de pot de l’Outaouais Hexo. Ces suggestions sont venues dans la foulée des annonces faites par Hexo en début de semaine qui laissent planer un doute sur la capacité de l’entreprise à poursuivre éventuellement ses activités.

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