Trans Mountain

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Le gouvernement fédéral risque maintenant de perdre de l’argent avec son investissement dans l’oléoduc Trans Mountain, calcule le directeur parlementaire du budget. Dans sa dernière analyse, il estime que la valeur actualisée nette du pipeline est négative de 600 millions. Le projet Trans Mountain a été acheté en 2018 par Ottawa pour 4,5 milliards.

— La Presse Canadienne

Hydrocarbures : Ressources Utica poursuit Québec

La société québécoise Ressources Utica a déposé une poursuite à la Cour supérieure contre le gouvernement du Québec afin d’obtenir la nullité de la loi adoptée en avril dernier par l’Assemblée nationale qui prévoit la fin de toutes les activités de recherche et d’exploitation des hydrocarbures au Québec. La loi réserve des indemnisations aux sociétés pétrolières et gazières à hauteur de 100 millions. Ressources Utica ajoute qu’à défaut d’obtenir la nullité de la loi, elle réclamera une compensation de 18 milliards qui, précise-t-elle, correspond à la valeur actuelle des profits futurs estimés par un évaluateur qu’elle dit indépendant. La société affirme que la loi porte atteinte à son droit à la jouissance paisible et à la libre disposition de ses biens en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne et du Code civil du Québec. Le président de Ressources Utica, Mario Lévesque, ajoute que la loi est une expropriation déguisée dont l’utilité publique n’a jamais été démontrée.

— La Presse Canadienne

Un raffineur de cobalt s’intéresse à Bécancour

Electra Battery Materials, société cotée au NASDAQ, a entamé des discussions préliminaires avec le gouvernement du Québec pour construire une nouvelle raffinerie de cobalt à Bécancour, dans le cadre de la stratégie visant l’établissement d’une filière batterie pour véhicules électriques au Québec. L’entreprise vise à rapatrier des chaînes d’approvisionnement en véhicules électriques en Amérique du Nord. Avec le nickel et le lithium, le cobalt est un des éléments essentiels de la cathode des batteries de véhicules électriques. Il peut représenter le quart du coût de la batterie. La société américaine entreprendra une étude pour déterminer les besoins annuels de production à Bécancour. Elle prévoit la terminer d’ici la fin de 2022. Electra travaille à la mise en service d’une première raffinerie de sulfate de cobalt au nord de Toronto.

— André Dubuc, La Presse

Banque du Canada : l’heure de la retraite pour Timothy Lane

La Banque du Canada a annoncé mercredi que son sous-gouverneur Timothy Lane prendrait sa retraite en septembre. M. Lane a rejoint la banque centrale en août 2008 en tant que conseiller du gouverneur, après avoir passé 20 ans au Fonds monétaire international. Il a été nommé sous-gouverneur en février 2009 et a supervisé les analyses de l’économie canadienne, les travaux de la banque centrale sur les marchés financiers et ses analyses de l’économie internationale. La prochaine décision de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt est prévue pour le 13 juillet, date à laquelle elle publiera également une mise à jour de ses prévisions économiques dans le cadre de son rapport sur la politique monétaire. M. Lane devrait participer aux décisions sur les taux directeurs de juillet et de septembre, avant de prendre sa retraite le 16 septembre.

— La Presse Canadienne

Pratiques « antisyndicales » à la mine Raglan

Glencore Canada a été motivée entre autres par des « considérations antisyndicales » en fermant son service de sûreté à la mine Raglan, au Nunavut, et en licenciant les travailleurs concernés, juge un tribunal. En conséquence, le Tribunal administratif du travail conclut que Glencore Canada a ainsi voulu entraver les activités syndicales en cherchant de cette façon à faire pression sur le syndicat. Le tribunal croit également que Glencore Canada a négocié de mauvaise foi avec le syndicat. Dans sa décision, ce dernier n’ordonne toutefois pas la réintégration des travailleurs concernés, comme le demandait le syndicat, puisque le service de sûreté a bel et bien été fermé. Mais il ouvre la porte à ce que les travailleurs soient indemnisés. C’est le syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, qui avait déposé des plaintes d’entrave et de négociation de mauvaise foi contre Glencore Canada, après que le service de sûreté de la mine Raglan eut été fermé, et ses employés par le fait même licenciés.

— La Presse Canadienne

Un premier fonds québécois pour les « industries créatives 4.0 »

Grandes négligées du capital de risque, les entreprises québécoises combinant créativité et technologie pourront compter sur le premier fonds qui leur est destiné, soit 40 millions gérés par la montréalaise Triptyq Capital.

L’annonce qui sera faite ce jeudi lancera le coup d’envoi de ce fonds qui vise à recruter et à soutenir une vingtaine d’entreprises d’ici quatre ans. La durée des investissements est de 10 ans, ce qui classe ce fonds dans la catégorie des « capitaux patients ».

L’un des fondateurs de Triptyq Capital est Guillaume Thérien, qui a été directeur général de Zú de 2018 à 2021. Ce « hub créatif » fondé par Guy Laliberté est essentiellement un incubateur pour les entreprises du secteur du divertissement. Les deux autres associés de Triptyq sont l’ingénieur et administrateur Bertrand Nepveu ainsi que l’avocat Charles Sylvestre.

Pour M. Thérien, ce fonds de 40 millions destiné à ce qu’il appelle les « industries créatives 4.0 » vient combler un besoin criant. « Les industries créatives étaient mal connues, très mal expliquées, pas très performantes en termes de financement, explique-t-il en entrevue. Effets spéciaux, jeux vidéo, musique, le talent est là, il y a des incubateurs, des lieux de diffusion, des labos, mais l’argent est majoritairement public ou parapublic, en contributions ou en crédits d’impôt. »

Technologies à vendre

Statistiquement, 11 % des entreprises dites « créatives numériques » ont accès à du capital de risque, note-t-il. Il s’agit, dans les deux tiers des cas, d’entreprises qui comptent cinq employés ou moins. « On a voulu remédier à ça. On a fait notre job, et nous voilà. »

Ce que le fonds Triptyq Capital I recherche, ce sont des entreprises en amorçage développant des solutions qui pourront être utilisées par d’autres entreprises créatives. Il ne s’agit donc pas de financer des projets ponctuels – spectacles, œuvres ou expériences –, mais plutôt les technologies. Trois « axes » sont visés : le soutien à la création, les plateformes et protocoles de diffusion. et les technologies et les outils de liaison entre les créateurs et leurs audiences.

Aucune entreprise n’a encore formellement été recrutée, précise M. Thérien, qui estime que le contexte est particulièrement prometteur pour les jeunes pousses. « Ça peut effrayer, de voir les actions technos qui descendent, mais c’est dans les crises qu’il est temps de se réinventer […]. Ça devient compliqué pour les grandes entreprises d’innover rapidement. La collaboration avec des start-up et des entreprises plus agiles, c’est souvent la solution. »

Le métavers, notamment, est une occasion en or pour que des entreprises québécoises s’imposent rapidement. « Il y a eu 13 milliards US investis dans le métavers en 2021 et, seulement dans les premiers mois de 2022, on est à 120 milliards. Il y a une infrastructure énorme et on a le talent, au Québec. »

Ambitieux, mais réalistes

Le cofondateur de Triptyq Capital en est bien conscient, son fonds de 40 millions ne viendra pas concurrencer les géants dans ce domaine, comme Andreessen Horowitz qui a annoncé en mai dernier un fonds de 600 millions US destiné aux jeux dans le métavers.

« On est ambitieux, mais on est modestes et réalistes. On veut être là, jouer dans la cour des grands, être pionniers. On ne peut pas être encore à la remorque. »

Le fonds Triptyq Capital I compte notamment parmi ses partenaires Investissement Québec, le groupe Lune Rouge, la Banque Nationale, Behaviour Interactive et PHI.

— Karim Benessaieh, La Presse

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