Plein air

Randonner en temps de chasse

Les copains s’entendent sur les plans pour la grande fin de semaine : du camping et de la randonnée. Exactement ce qu’il faut pour profiter des couleurs automnales. Les préparations vont rondement, jusqu’à ce que quelqu’un intervienne timidement. Ce ne serait pas la saison de la chasse, par hasard ?

On peut trouver sur l’internet un document du ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs qui s’intitule « Toutes les dates de chasses et quotas 2020-2022 ». Ça devrait répondre à la question.

Sauf que le document compte 29 pages… Il y a divers types de gibier : l’orignal, le cerf de Virginie, l’ours, le dindon, le petit gibier. Il y a des armes différentes : les armes à feu, l’arc, l’arbalète. Et il y a près d’une trentaine de zones à travers la province.

« C’est vrai que c’est un peu compliqué, commente Grégory Flayol, directeur adjoint chez Rando Québec. Les périodes de chasse changent d’une année à l’autre. Elles dépendent des zones et des types de chasse. Il faut pratiquement être chasseur pour comprendre ce dont on parle. »

Ces divers éléments ont leur importance pour les randonneurs. « Il y a des restrictions plus ou moins importantes, depuis la simple précaution jusqu’à la fermeture complète d’un sentier », note M. Flayol.

Il est généralement possible d’aller randonner pendant la chasse au petit gibier. « La perdrix n’est pas très farouche, explique Emily Vallée, coordonnatrice aux communications à la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP). Si quelqu’un passe à côté, elle va se cacher un petit peu, mais elle va ressortir quelques minutes après. Ça ne change pas grand-chose pour les chasseurs. »

La cohabitation entre randonneurs et chasseurs est plus difficile lors de la chasse au cerf de Virginie ou à l’orignal. « L’animal peut nous sentir de très loin, indique Mme Vallée. S’il y a beaucoup de randonneurs qui se promènent dans le bois, ça va éloigner les animaux. »

Pour éviter les conflits, certains gestionnaires de réseaux ferment leurs sentiers. De son côté, la FédéCP recommande aux chasseurs de faire connaître leur présence, notamment avec des affichettes où il est écrit « Chasseur à l’affût ». Mme Vallée suggère aussi de se munir de l’application Zone Chasse pour cibler la zone où on veut aller randonner et vérifier les dates des différentes périodes de chasse.

De son côté, Grégory Flayol recommande d’appeler directement le gestionnaire du sentier. « Normalement, il va connaître toutes les périodes de chasse de l’année en cours et les restrictions qui y sont liées », assure M. Flayol. Parfois, les gestionnaires de sentiers indiquent ces restrictions sur leur site internet ou leur page Facebook. Le Sentier national de la Mauricie est un excellent exemple. D’un seul coup d’œil, on peut voir que certains sentiers sont fermés du 7 septembre au 8 octobre, pendant la chasse au gros gibier. La circulation est permise pendant la chasse au petit gibier, du 2 octobre au 31 décembre, mais on recommande de porter un dossard. Emily Vallée suggère également de mettre un dossard à son chien et de le tenir en laisse.

Le Sentier international des Appalaches (SIA) a également fait de gros efforts pour simplifier la question sur son site internet. Le sentier de 650 km traverse trois types de territoire qui ont chacun leurs règles en temps de chasse. « Nous avons des procédures d’harmonisation avec la SEPAQ, qui gère la chasse dans la réserve, indique le directeur général du SIA, Alexis Turcotte-Noël. On a une bande de 30 m de chaque côté du sentier : les chasseurs ne peuvent y aller. » Les randonneurs ont aussi des règles très strictes à suivre pendant la période du 7 septembre au 7 novembre : ils doivent porter un dossard et ne circuler sur les sentiers qu’entre 9 h et 16 h. Puis, dans la partie du sentier qui traverse les terres publiques, il est carrément interdit d’y randonner pendant la chasse à l’orignal, du 25 septembre au 3 octobre.

« Ça coïncide avec la meilleure période pour randonner, avec toutes les couleurs », dit en soupirant Grégory Flayol.

Cela représente également un grand potentiel touristique pour les régions. Si les activités de plein air sont en plein essor, ce n’est pas le cas pour la chasse, qui peine à trouver une relève. « Il faut laisser une place aux chasseurs, ils ont le droit d’avoir leur passion, indique Grégory Flayol. Mais le débat doit se rouvrir sur la place de chacun et sur le moyen de cohabiter de manière sécuritaire. On a un territoire suffisamment grand pour permettre la chasse à des endroits et ne pas la permettre à d’autres. C’est le genre de réflexion qu’on devrait avoir pour que chacun soit content. »

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Chiffre de la semaine

5

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