Pourquoi êtes-vous fiers d’être Québécois ?

Le Québec compte 8 600 000 habitants, qui ont chacun leurs raisons de célébrer la fête nationale. Neuf Québécois de divers horizons témoignent de ce qui les rend fiers, en ce 24 juin.

Farah Alibay, ingénieure en aérospatiale à la NASA

« Une population unique »

« Quand les gens [à l’étranger] me demandent d’où je viens, je dis que je suis québécoise parce qu’on a notre propre culture, notre propre histoire », note Farah Alibay. Si elle répond qu’elle est canadienne, les gens sont un peu médusés vu son petit accent en anglais. Québécoise, ça résume tout. « C’est quand même extraordinaire d’avoir réussi à garder notre français bien qu’on soit entourés de gens qui parlent anglais. Notre population est assez unique. » Bien qu’il soit peu populeux, le Québec est un leader en matière d’énergie et d’environnement, relève-t-elle. D’un point de vue plus intime, c’est la terre qui a accueilli ses parents natifs de Madagascar. « Ma famille a été très bien reçue au Québec », note-t-elle, se disant notamment reconnaissante de l’éducation reçue au Québec et au Canada. — Louise Leduc, La Presse

Cendrine Browne, fondeuse nouvellement à la retraite

« Résilients devant l’adversité »

« Je suis fière de ce que j’ai accompli dans la dernière année, dit Cendrine Browne, meilleure fondeuse de l’histoire du Québec – et du Canada. J’ai réussi à me surpasser, beaucoup plus que ce que j’avais anticipé, mais je n’aurais pas pu le faire sans le soutien de ma communauté. C’est pourquoi je suis fière d’être québécoise ; dans les hauts comme dans les bas, les gens ont toujours su me soutenir et m’encourager, de près ou de loin. Dans la victoire comme dans la défaite, j’ai toujours pu sentir une vague d’amour. Les Québécois, on est “tricotés serré”, et s’il y a une qualité qui nous décrit bien, c’est la résilience devant l’adversité ! » — Nicholas Richard, La Presse

Paul Serge Forest, auteur

« Une langue qui vaut la peine d’être écrite »

Quand l’écrivain Paul Serge Forest pense au Québec, c’est le fleuve Saint-Laurent qui lui vient en tête : l’odeur, la rumeur des vagues, les fruits de mer du Golfe… L’action de son premier roman Tout est ori, qui a remporté le prix Robert-Cliche en 2021, est campée dans un village de la Côte-Nord, où la pêche de ces petits invertébrés rythme les saisons. « L’arrivée du crabe, l’arrivée des crevettes, c’est une tradition », raconte l’auteur (et médecin) natif de Baie-Comeau. Surtout, il tire une grande fierté d’écrire en français dans une mer anglophone : « Il y a plein d’inventivité dans le québécois. C’est une langue qui vaut la peine d’être écrite. » — Léa Carrier, La Presse

High Klassified, artiste

Ouverture d’esprit

Pour la première fois, le beatmaker High Klassified participera comme invité officiel au spectacle de la fête nationale à Laval (Hubert Lenoir l’avait invité sur scène en 2018). Pour un natif de Laval qui ne s’est pas toujours reconnu dans les spectacles de la Saint-Jean, il doit presque se pincer. D’autant que le spectacle a été reporté deux fois, en raison de la pandémie. « J’avais vraiment hâte ! », lance-t-il, fébrile. Ce qui le rend fier d’être québécois ? L’ouverture d’esprit des plus jeunes générations. Le hip-hop d’ici, bien vivant. « Je trouve ça fou qu’on ait des fans aussi fidèles, qui écoutent notre musique avant la musique américaine ! », s’exclame l’artiste de 29 ans. — Léa Carrier, La Presse

Marie-Chantal Houde, copropriétaire de la Fromagerie Nouvelle-France

« Un grand peuple de créateurs »

« Nous sommes un grand peuple de créateurs et d’innovateurs », lance Marie-Chantal Houde, copropriétaire de la Fromagerie Nouvelle-France à Racine, dans les Cantons-de-l’Est. « Nos ancêtres ont été très courageux, tournés vers l’avenir. Les marins sont repartis, mais ceux qui se sont installés en Nouvelle-France avaient tout à bâtir. Leur force nous coule dans les veines. » Tout était à faire, « on semblait nés pour un petit pain », mais le Québec est devenu une terre d’innovation et d’ouverture aux autres, à son avis. Son souhait pour le Québec ? « Qu’on montre l’exemple, qu’on soit un modèle en environnement et en économie ! » — Louise Leduc, La Presse

Gabrielle Boulianne-Tremblay, autrice et actrice

« Tout le monde est bienvenu »

« Je n’attends pas la journée du 24 juin pour célébrer le Québec, je le célèbre tous les jours. Je suis tout le temps fière d’être québécoise », établit l’autrice. Elle a remporté le Prix des libraires cette année pour son récit autobiographique sur la transidentité, La fille d’elle-même. Celle qui conçoit sa province comme « une terre d’accueil » où « tout le monde est bienvenu » souligne l’importance de la reconnaissance des différences de culture, d’histoire et de genre qui forgent la nation. « J’ai des amis de partout dans le monde à Montréal et, pour moi, c’est tellement enrichissant de s’ouvrir à d’autres cultures, à d’autres réalités », estime Gabrielle Boulianne-Tremblay, qui s’est d’abord fait connaître pour son rôle dans le film québécois Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, grâce auquel elle est devenue la première femme trans au pays à obtenir une nomination aux prix Écrans canadiens. Bien qu’elle soit fière de ce qu’elle observe dans son quotidien, elle conçoit qu’il y a encore du chemin à accomplir pour faire preuve de plus d’empathie envers la différence. « Une journée comme la Saint-Jean, pour moi, c’est l’occasion de faire un état des choses et de réaliser à quel point c’est beau, un Québec qui est diversifié. »

— Élise Fiola, La Presse

Mitch Garber, homme d’affaires

Excellente réputation à l’international

Pour Mitch Garber, la fierté d’être québécois se fait palpable lorsqu’il voyage à l’étranger. L’homme d’affaires bilingue, issu de la communauté anglophone, constate que les Québécois ainsi que la scène culturelle québécoise jouissent d’une excellente réputation à l’international. « On présente nos passeports et quand les gens voient qu’on vient de Montréal, ils disent : “Oh ! Tu parles français ? J’adore ! Je veux visiter le Vieux-Montréal, le Vieux-Québec et aller au Festival de jazz !”, illustre-t-il. Ailleurs, personne ne connaît les deux solitudes, ils nous voient comme un seul être. » Mitch Garber est président du conseil d’administration d’Investir au Canada. — Audrey Pilon-Topkara, La Presse

Fatemeh Mahsa Erfanian, ingénieure et chargée de projet en transformation numérique chez Hydro-Québec

Incluse en tant que femme

Les valeurs progressistes et féministes de la société québécoise rendent particulièrement fière Fatemeh Mahsa Erfanian, chargée de projet d’origine iranienne. « Je me sens incluse dans la société, ma voix est entendue dans les associations professionnelles avec lesquelles je collabore et je travaille pour Hydro-Québec, un fleuron québécois », se réjouit Mme Erfanian. Elle s’implique aussi dans le monde des affaires, comme administratrice de PMI-Montréal. « Je trouve qu’en tant que femme, on se fait bien servir par la société. Il y a une volonté de me faire progresser dans la société en tant que femme », souligne-t-elle. — Audrey Pilon-Topkara, La Presse

Eruoma Awashish, artiste atikamekw multidisciplinaire

Dans la bonne direction

« Pour être franche, je ne célèbre pas la Saint-Jean », répond d’emblée l’artiste atikamekw Eruoma Awashish. Pour les peuples autochtones, la fête nationale du Québec ravive des « souvenirs douloureux ». Mais cette année, Eruoma Awashish se joindra (de loin, peut-être) à la fête. La présence d’artistes autochtones comme Laura Niquay et Kathia Rock dans les spectacles de Montréal et de Québec lui a fait chaud au cœur. « C’est une main tendue, et j’ai trouvé ça beau », dit Mme Awashish. Le vent tourne, et le Québec avance dans la bonne direction, croit-elle. Les dirigeants politiques peuvent cependant en faire plus au nom de la réconciliation. Par exemple : faire du 21 juin, Journée nationale des peuples autochtones, un jour férié. « Je pense que ça ferait une différence », dit l’artiste multidisciplinaire. — Léa Carrier, La Presse

Des raisons de célébrer le Québec

Malgré le flot de mauvaises nouvelles qui font les manchettes, il faut se souvenir que le Québec est un endroit où il fait bon vivre. En cette journée de fête nationale, voici huit statistiques qui ont de quoi rendre fier d’être Québécois.

Un taux d’emploi plus élevé qu’ailleurs au Canada

Longtemps en queue de peloton par rapport au reste du Canada, le Québec a rattrapé son retard depuis 2017 et dépasse désormais les autres provinces en termes de taux d’emploi chez les personnes de 25 à 64 ans.

Taux d’emploi chez les personnes de 25 à 64 anS (en 2021)

78,3 % au Québec

76,9 % dans le reste du Canada

Plus de diplômés postsecondaires

Les jeunes de 25 à 34 ans détiennent davantage de diplômes postsecondaires au Québec – y compris les certificats universitaires, de cégep ou d’une école de métier, selon l’Institut de la statistique du Québec. En 2021, 80,3 % des jeunes Québécois détenaient un tel diplôme, contre 73,8 % pour le reste du Canada. Notons que les Québécois sont cependant moins nombreux à obtenir un diplôme universitaire qu’ailleurs au pays.

Une meilleure santé mentale

Fait étonnant : les Québécois sont plus nombreux à considérer qu’ils ont une santé mentale très bonne ou excellente qu’ailleurs au Canada, si on se fie aux données de l’Institut de la statistique du Québec compilées jusqu’en 2019. Cette proportion est toutefois en diminution constante depuis 2015 – au Québec comme ailleurs.

Pourcentage de la population considérant avoir une très bonne ou excellente santé mentale (données de 2019)

72,1 % au Québec

65,5 % dans le reste du Canada 

Moins de GES par habitant

Le choix de l’hydroélectricité est un legs qui rend les Québécois plus écoresponsables. Le Québec est, et de loin, la province où les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant sont les moins élevées : 10,9 tonnes d’équivalent de CO2 par habitant en 2019 contre 23,3 tonnes dans le reste du pays.

7

Place du Québec dans un classement établi par le Conference Board du Canada pour comparer les provinces canadiennes au reste de la planète en matière d’émissions de GES. Il s’agit d’un score s’apparentant à des pays européens comme le Danemark et la Norvège.

Mais attention : les émissions de GES au Québec stagnent depuis des années et ont même légèrement remonté depuis 2016, signe que nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers.

Plus de sécurité

L’augmentation de la criminalité ne cesse de faire les manchettes au Québec. Malgré tout, la province reste la plus sûre au pays, selon l’indice de gravité de la criminalité compilé par l’Institut de la statistique du Québec.

Indice de gravité de la criminalité (en 2020)

51,61 au Québec

79,48 dans le reste du Canada

Une plus grande espérance de vie

Depuis 2016, le Québec se démarque du reste du Canada par une espérance de vie plus élevée. Et ce, malgré l’hécatombe de la première vague de la COVID-19. En 2020, l’espérance de vie au Québec est descendue à 82,3 ans, contre 81,6 ans ailleurs au pays.

83 ans

espérance de vie au Québec en 2021

2e

Le Québec est l’un des meilleurs endroits au monde pour le travail des femmes et des mères. Il se situe au 2e rang des États de l’OCDE (31 pays et le Québec) pour le taux d’emploi des femmes de 25 à 34 ans. Seule la Suède fait mieux, et le Canada est au 15e rang, avec un taux d’emploi de 78,7 %. Qui remercier pour ce score impressionnant ? Le réseau des centres de la petite enfance subventionnés, mis sur pied en 1997.

Des pères plus présents

Parallèlement, les pères québécois sont beaucoup plus présents auprès de leurs enfants dès la naissance.

93 %

Pourcentage des nouveaux pères qui prennent un congé de paternité ou parental au Québec, grâce au Régime québécois d’assurance parentale, contre 24 % dans le reste du Canada, selon Statistique Canada.

De plus, les pères québécois se voient surtout comme des modèles (48 %) et comme des donneurs de soins et d’affection (45 %) auprès de leurs enfants. Ailleurs au Canada, c’est le rôle de pourvoyeurs qui prédomine (43 %), selon un sondage Léger réalisé à la demande du Regroupement pour la valorisation de la paternité en 2021.

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