Éditorial

Montréal est une fête

Elle veut pas s’asseoir, ça a trop duré L’immobilité forcée, ce soir la vie va recommencer

Il faut qu’ça bouge, il faut qu’ça tremble, il faut qu’ça transpire encore

Dans le bordel des bars le soir Débraillés dans le noir Il faudra réapprendre à boire

Il faudra respirer encore... 

— Respire encore, Clara Luciani

Ce week-end donne le coup d’envoi officiel à l’été. Et c’est la chanteuse française Clara Luciani qui a donné le ton en entonnant il y a quelques jours sur la scène des Francos sa chanson Respire encore, véritable hymne à un certain retour « à la normale ».

C’est notre premier vrai été depuis deux ans.

La pandémie n’a pas disparu, les cas sont même un peu à la hausse (et il faudra rester vigilant si on veut éviter les mauvaises surprises à l’automne), mais avouons que la volonté de la mettre entre parenthèses pour quelques semaines est plus forte que tout.

Avec le Grand Prix de Formule 1, les touristes sont revenus à Montréal. Les terrasses sont pleines, les piétons ont envahi les rues et le taux d’occupation des hôtels de la métropole frôle les 100 %.

Le cœur de Montréal bat au rythme des spectacles en plein air et ses habitants semblent avoir retrouvé le sourire. Difficile de croire qu’il y a six mois, les rues étaient désertes et notre moral au plancher.

En janvier, un sondage mené par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) brossait un portrait assez sombre de notre humeur collective. On parlait de « déconfiture généralisée » pour décrire l’état d’esprit des Québécois qui venaient de se faire imposer un nouveau couvre-feu pour faire face à la cinquième vague provoquée par le variant Omicron.

Une morosité qui semble bien loin aujourd’hui.

Au cours des deux prochains mois, la nature humaine étant ce qu’elle est, on tentera d’oublier la COVID-19 et ses variants BA.4 et BA.5, la guerre en Ukraine, les tornades, vagues de chaleur et autres manifestations climatiques inquiétantes, la variole simienne, la hausse du prix du carburant, la chute de la Bourse, la menace d’une récession, l’augmentation de la violence armée et la crise du logement...

La fête a repris son droit de cité et ce ne sont pas les chantiers et les cônes orange qui vont nous empêcher d’en profiter, oh que non !

Ce week-end seulement, voici un aperçu des activités auxquelles les Montréalais sont conviés.

• Les Francos

• Le Grand Prix du Canada de la Formule 1

• Le Festival Mural

• L’exposition immersive Frida Kahlo

• Les expositions de Mika Rottenberg au Musée d’art contemporain et de Nicolas Party au Musée des beaux-arts de Montréal

• Le Festival Saint-Ambroise Fringe

• Les animations dans l’avenue du Mont-Royal, piétonne pour l’été

• Le week-end gourmand dans la rue Saint-Denis

• L’ouverture de la plage de l’Horloge dans le Vieux-Montréal

• Les activités dans la rue Monk, piétonne pour une journée

• Le Festival Piccola dans le boulevard Saint-Laurent, dans la Petite Italie

• Le Minifest dans le quartier Hochelaga qui met en lumière des artistes émergents

• Le Festival Portugal International...

Au cours des prochaines semaines, les festivals vont se succéder dans la métropole et ailleurs au Québec.

À Montréal seulement, on pourra assister à l’un ou l’autre de ces évènements : le Festival international de jazz, le Festival international Nuits d’Afrique, le Festival Juste pour rire, le festival Montréal complètement cirque, Piknic Électronik, l’International des Feux Loto-Québec, Osheaga, IleSonik, MUTEK, Festival Mode et Design... Et presque tous ces évènements proposent un volet d’activités gratuites.

La Ville de Montréal a en outre annoncé la gratuité dans les stations de métro du centre-ville, sur les lignes verte et orange, et ce, tous les week-ends jusqu’au 5 septembre. On nous promet également un effort soutenu pour la propreté, question de bien paraître devant la visite. Ce ne sera pas un luxe !

Toute cette effervescence a l’effet d’un baume sur nos esprits épuisés par la pandémie. Une parenthèse joyeuse et ensoleillée qu’il faut savourer.

Cette ambiance festive nous rappelle aussi que malgré tous ses défauts et tous ses défis, Montréal demeure une métropole conviviale où il fait bon vivre, surtout l’été. Profitons-en pour respirer encore.

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