Place aux lecteurs

Passer vite et bien à la frontière

Les Québécois s’étaient ennuyés de leurs escapades sur les routes des États-Unis… mais moins de l’attente à la douane chaque long week-end. Voici quelques conseils, envoyés notamment par des lecteurs dans le cadre d’un appel à tous, pour que tout se passe bien à la frontière à l’approche du congé de la Journée nationale des patriotes.

Des voyageurs toujours plus nombreux

Le mois dernier, pour la première fois depuis mars 2020, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a accueilli 1 million de voyageurs en une seule semaine, à l’occasion du congé de Pâques. S’ils n’ont pas atteint leurs niveaux prépandémiques, les déplacements transfrontaliers sont en forte hausse avec l’assouplissement des mesures sanitaires. Et l’arrivée des beaux jours accélérera sans doute la cadence. En particulier sur la route, car contrairement à l’été dernier, le Canada et les États-Unis ne demandent plus de résultat négatif à un test de dépistage pour passer la frontière entre les deux pays.

Choisir le bon moment

« L’Agence des services frontaliers du Canada ne mettra pas la santé et la sécurité des Canadiens en danger pour diminuer les temps d’attente à la frontière », fait savoir par écrit un porte-parole. Et parce que des mesures sont toujours en place, ajoute l’Agence, « le temps d’attente aux points d’entrée pourrait être plus long ». Au moins, c’est clair. Le meilleur moyen d’éviter de perdre de précieuses heures de votre congé à attendre à la douane, c’est de décaler ou de prolonger votre escapade d’un jour. Si c’est impossible, mieux vaut à tout le moins partir plus tôt à l’aller. Tôt, comme dans « très, très tôt : avant 6 h », nous écrit la voyageuse Renée Giroux. Pour le retour, les habitués proposent deux solutions : rentrer avant midi le dernier jour du congé... ou après minuit.

Un détour payant

« Envisagez de passer par le point d’entrée le moins fréquenté de la région », suggère aussi l’ASFC aux voyageurs qui craignent de devoir patienter à la frontière. Mais il faut vérifier les heures d’ouverture des postes secondaires... qui ferment souvent leur barrière vers 16 h. Pour guider les voyageurs, les gouvernements des deux pays publient sur le web les temps d’attente à certains postes, mais pas tous. N’empêche, raconte Nicolas Ryan, porte-parole du CAA-Québec, ça vaut le coup d’y jeter un œil. « Je me souviens d’un voyage où des amis qui avaient vérifié les temps d’attente sont passés en 20 minutes dans un poste un peu plus loin, alors que nous avions dû attendre 3-4 heures, ce qui est extrêmement pénible. » Meriane Bergeron, qui habite le Haut-Richelieu, possède un bateau aux États-Unis. En temps normal, elle traverse la frontière à Lacolle, mais pas quand la file s’allonge. « Lorsqu’il y a trop d’attente, nous passons à Rouses Point, une douane secondaire qui est malheureusement encore fermée avec la COVID-19, explique-t-elle. On espère qu’elle rouvrira, car elle était bien pratique pour les gens du coin. »

La « théorie des voies »

Dans les principaux postes frontaliers, comme à Lacolle, à Saint-Armand ou à Stanstead, des automobilistes ont pris l’habitude de se tenir à droite, où de nouvelles voies apparaissent progressivement à l’approche des guérites, vers les États-Unis comme vers le Canada. À chaque nouvelle voie, la file se divise et les voitures qui gardent la droite gagnent progressivement du terrain, en théorie du moins. À noter : des voies apparaissent aussi sur la gauche aux abords de la douane américaine qui se trouve au bout de l’autoroute 15...

Le Graal s’appelle Nexus

La plupart des lecteurs qui nous ont écrit pour nous donner leurs conseils pour un passage rapide à la douane n’avaient qu’un mot en tête : Nexus. Cette carte, délivrée aux voyageurs « préautorisés à faible risque » par les autorités frontalières du Canada et des États-Unis, donne accès à des voies réservées dans les principaux points d’entrée. Une semaine après la réouverture de la frontière américaine pour des voyages non essentiels, l’automne dernier, « la file s’étirait longtemps », se souvient le retraité Gilbert Vézina, qui possède un condo en Floride. Grâce à la voie réservée, « deux minutes après notre arrivée, nous étions passés », s’enthousiasme-t-il. La carte est aussi valide dans les aéroports, où elle s’avère très pratique, assure M. Vézina. Seul hic : les démarches pour obtenir la fameuse carte s’échelonnent sur au moins quatre ou cinq mois. Trop tard, donc, pour tenter d’avoir la sienne à temps pour l’été. D’autant plus que seuls les centres d’inscription situés aux États-Unis ont rouvert leurs portes. Et les rendez-vous pour une entrevue en personne, étape incontournable, se font très rares. À savoir : les voies Nexus ne sont pas toujours accessibles. À la fin d’avril, au poste de Stanstead, la voie réservée pour rentrer au pays n’était ouverte que du lundi au vendredi, de 15 h à 17 h... et pas les jours fériés. Pas idéal pour le long congé qui s’en vient.

Vaccins et ArriveCAN obligatoires

La frontière canado-américaine est rouverte aux touristes, mais seuls les voyageurs adéquatement vaccinés peuvent encore passer pour l’instant. Les vaccins administrés au Canada sont tous reconnus par les États-Unis et la dose de rappel n’est pas exigée. Même s’ils ne la demandent pas systématiquement, les douaniers américains pourraient exiger une preuve de vaccination. L’application VaxiCode vous permet de présenter un « document de voyage » reconnu, mais il y a aussi moyen de l’obtenir séparément sur le site du gouvernement du Québec. Pour rentrer au Canada, les voyageurs doivent par ailleurs encore impérativement utiliser l’application ArriveCAN, sans quoi ils risquent de devoir s’isoler pendant 14 jours, peu importe leur état de santé ou leur statut vaccinal. En date du 3 avril, 94,2 % des voyageurs qui sont entrés au Canada par la route ont utilisé l’application, comparativement à 99,7 % pour ceux qui sont arrivés en avion.

1,8 million

En mars 2020, l’Agence des services frontaliers du Canada comptait plus de 1,8 million de membres Nexus. Environ 80 % de ces membres étaient des Canadiens ou des résidents permanents du Canada.

Source : Agence des services frontaliers du Canada

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