Une « feuille de route » pour l’avenir du Village

Quel type de commerces veut-on dans le Village ? Comment peut-on y bonifier les espaces verts ? Quelle place donner aux piétons ou aux voitures ? Comment améliorer la cohabitation sociale entre visiteurs, résidants et itinérants ?

Voilà quelques-unes des questions qui se retrouveront au cœur des discussions lors du Forum de travail pour le Village, qui commence mardi matin et se déroulera sur trois jours.

Le quartier est en pleine transition, et ceux qui y habitent, qui y travaillent et qui le visitent s’interrogent sur son avenir.

« Les réalités sont différentes entre un visiteur qui vient profiter de l’offre commerciale et un résidant qui voudrait peut-être un autre type de commerces », fait remarquer Robert Beaudry, conseiller municipal pour le district de Saint-Jacques, dans l’arrondissement de Ville-Marie.

« On doit se demander comment on peut répondre aux besoins de la population, qui veut un milieu de vie dynamique et sain, mais en restant une destination pour le tourisme international. »

Travaux à venir

Le moment est particulièrement bien choisi pour se poser ces questions, puisque des travaux d’aqueduc et d’égouts se préparent pour 2024 dans la rue Sainte-Catherine Est. Les participants au forum discuteront de l’allure que devrait avoir l’artère principale du Village après ce chantier.

Le Village n’est pas un quartier comme les autres, souligne Robert Beaudry. « C’est un quartier inclusif LGBTQ+ où l’on retrouve des commerces identitaires, qui sont des institutions dans le secteur, et ces identités doivent continuer à exister et à être mises en valeur », dit-il.

Au cours de l’été, la première phase du forum a permis aux résidants, aux commerçants et aux visiteurs qui fréquentent le quartier gai de donner leur avis sur l’avenir du secteur. Les idées et recommandations émises durant l’été par le public serviront de tremplin aux discussions des trois prochains jours.

La programmation du forum sera centrée sur les six thématiques ciblées au début de la démarche, soit le sentiment de sécurité, le vivre ensemble, l’identité, la culture, l’espace public et la vitalité socioéconomique.

L’objectif, à l’issue de cet exercice, est de faire émerger une « feuille de route » pour diriger la suite des actions à entreprendre, explique M. Beaudry.

Montréal

« La pire crise du recyclage » de l’histoire, dénonce l’opposition

Montréal traverse la pire crise du recyclage de son histoire sans capitaine à la barre, a dénoncé lundi l’opposition officielle à l’hôtel de ville, alors que la mairesse Valérie Plante appelle à la patience.

La métropole a résilié lundi soir, lors de la réunion du conseil municipal, le contrat d’exploitation du centre de tri de Lachine, où s’accumulent depuis des mois des centaines de ballots de recyclage de mauvaise qualité. L’opérateur actuel, Ricova, se dit incapable d’écouler la marchandise et a même évoqué une interruption des activités, avec un impact direct sur la collecte.

Au début de la séance du conseil municipal, en après-midi, le chef de l’opposition officielle a blâmé l’administration pour cette situation.

« On se rend compte que l’environnement, ce n’est qu’un slogan pour cette administration, a asséné Aref Salem. On n’a aucun plan qui est mis de l’avant. »

Selon M. Salem, « les Montréalais recyclent pour rien », puisque les matières qu’ils déposent dans leur bac vert se retrouveront au dépotoir. Son affirmation a cependant été démentie par Marie-Andrée Mauger, responsable des dossiers environnementaux au comité exécutif.

Le chef de l’opposition aurait voulu que Ricova soit écarté du centre de tri de Lachine dès le printemps dernier, lorsque le Bureau de l’inspecteur général (BIG) a conclu que l’entreprise privait la Ville de centaines de milliers de dollars en dissimulant des revenus dans sa structure administrative.

« On agit avec diligence », dit Plante

Valérie Plante a fait valoir que son administration avait toujours agi en temps opportun dans ce dossier.

« On prend le temps de bien faire les choses », a-t-elle dit devant le conseil municipal. « On agit avec diligence, mais on n’agit pas sur le coin d’une table. »

À son avis, une résiliation prématurée du contrat de Ricova aurait pu désorganiser tout le recyclage à Montréal. « Si on avait écouté Ensemble Montréal en mettant Ricova dehors [il y a six mois], savez-vous ce qui se serait passé ? On aurait eu un bris de service », a-t-elle dit.

« Là, on s’en va vers une transition avec Ricova, avec Via », a continué Mme Plante, en faisant référence à la société à but non lucratif qui doit prendre le relais de l’exploitation du centre de tri de Lachine.

L’administration municipale a accepté la demande de l’opposition de tenir une séance extraordinaire du conseil municipal la semaine prochaine afin de discuter de ce dossier.

Traitement du compost : chantiers paralysés

Par ailleurs, l’administration municipale demande aussi aux citoyens de faire preuve de patience dans le dossier des deux futures usines de traitement du compost de la métropole, dont les chantiers sont paralysés depuis deux mois.

La firme de construction EBC a déserté les chantiers de Montréal-Est et de Saint-Laurent en juillet avec ses employés et sa machinerie. Un conflit de paiement entre EBC et Veolia – l’entreprise qui a obtenu le contrat municipal – serait à la source de cette paralysie.

L’usine de Saint-Laurent devait être inaugurée cet automne après plusieurs reports. L’usine de Montréal-Est est moins avancée. Il s’agit de projets totalisant 340 millions.

« La Ville ne donnera pas de chèque en blanc à aucune entreprise pour des dépassements de coûts », a dit Marie-Andrée Mauger. « On n’acceptera pas d’être pris en otage par un litige commercial entre l’entreprise à qui on a donné un contrat et ses sous-traitants. »

La Ville attend des nouvelles cette semaine de l’assureur de Veolia, qui doit garantir la complétion des travaux, a indiqué Mme Mauger.

Enquête publique du coroner

Un « scan » brisé impliqué dans la mort de Jean Malavoy

Quand Jean Malavoy a été transporté d’urgence à l’hôpital de Hull dans la nuit du 1er au 2 octobre 2020 après avoir chuté dans des escaliers, le seul « scan » de l’établissement était brisé. Le patient de 71 ans a dû être transporté à 12 kilomètres de là, à l’hôpital de Gatineau, pour subir cet examen, avant d’être retourné à Hull pour être opéré d’urgence. Il est cependant mort quelques heures plus tard, victime d’une rupture de la rate.

Le seul tomodensitogramme (« CT scan ») de l’hôpital de Hull faisait l’objet de « bris assez fréquents », selon la Dre Josée Bussières, urgentologue à l’hôpital de Hull, qui a témoigné lundi à l’enquête publique du coroner qui se penche sur la mort de M. Malavoy. « Trop fréquents », ajoute la Dre Marie-Noël Labrecque, aussi urgentologue, qui a aussi témoigné lundi. Si bien qu’un plan de contingence avait été établi pour pallier ces pannes. La situation n’était pas récente.

Dès 2017, quatre intensivistes de l’hôpital de Hull écrivaient une lettre à la direction de l’établissement pour souligner que compte tenu de ces bris, un deuxième « scan » devait être acheté. « Je crois qu’un centre comme le nôtre devrait au minimum avoir deux ‟scans” de tomodensitométrie afin de servir notre population comme elle le devrait et leur offrir ce qui est un standard de pratique », écrivaient les intensivistes. Un deuxième « scan » a été ajouté depuis la mort de M. Malavoy à l’hôpital de Hull, en 2021.

Chute dans les escaliers

Les circonstances de la mort de M. Malavoy font l’objet d’une enquête du coroner ces jours-ci à Gatineau.

Le soir du 1er octobre, vers 23 h 30, M. Malavoy a chuté dans les escaliers de la maison de sa fille. Le 911 a été appelé aussitôt. Si, au départ, M. Malavoy, qui présentait plusieurs comorbidités, dont des problèmes cardiaques, du diabète et de l’hypertension, semblait dans un état plutôt stable, sa condition s’est détériorée rapidement, a témoigné sa fille, Isabelle Malavoy-Mundle, qui était à ses côtés au moment des évènements.

Les ambulanciers sont arrivés en moins de 15 minutes. M. Malavoy a été transféré à l’hôpital de Hull. Seule médecin à l’hôpital de Hull ce soir-là pour voir les urgences, la Dre Bussières a déterminé que le patient devait subir un « scan ». Mais l’appareil était en panne ce soir-là.

M. Malavoy a donc été envoyé par ambulance à l’hôpital de Gatineau pour passer son « scan ». Là-bas, l’appareil éprouvait aussi des problèmes et a dû être redémarré, ce qui a entraîné des délais supplémentaires de 30 minutes. L’examen révélera que l’homme avait la rate perforée et présentait un saignement interne important. Il devait être opéré d’urgence pour cette condition, a déterminé la Dre Labrecque, qui était de garde aux urgences de l’hôpital de Gatineau. Mais à ce moment, la seule chirurgienne générale dans l’établissement est déjà en salle d’opération. « J’avais une décision rapide à prendre », a témoigné la Dre Labrecque, qui a donc décidé qu’il était « dans l’intérêt du patient », même s’il était instable, de le retourner à l’hôpital de Hull, spécialisé dans le traitement des traumas, contrairement à l’hôpital de Gatineau. Ce transfert prendra moins de 10 minutes.

À son arrivée à l’hôpital de Hull à 2 h 55, M. Malavoy était conscient, mais avait toujours mal au dos et saignait depuis plusieurs heures. La Dre Gabrielle Gauvin a parlé à M. Malavoy et à sa femme. Elle affirme leur avoir expliqué que « même avec l’opération, les possibilités de survie étaient tout de même très faibles », car M. Malavoy souffrait de plusieurs comorbidités. Durant son intervention chirurgicale, M. Malavoy subira un arrêt cardiaque. Il mourra quelques heures plus tard, à 17 h.

La coroner Julie-Kim Godin, qui dirige l’enquête dans ce dossier, a indiqué en ouverture que l’objectif des procédures sera notamment de « comprendre les circonstances de la panne du ‟scan” » de l’hôpital de Hull. Et remonter le fil des décisions prises, notamment en ce qui concerne les transferts interhospitaliers. Pour Isabelle Malavoy-Mundle, il est évident que son père « aurait voulu que les faits soient révélés et que tous les citoyens de l’Outaouais reçoivent des soins de santé de qualité ».

Accusé d’agression sexuelle

Le procès de l’ancien major-général Dany Fortin s’amorce

Ottawa — La plaignante au procès du major-général Dany Fortin, accusé d’agression sexuelle, a raconté sa version des faits, lundi matin, au palais de justice de Gatineau.

Interrogée par la Couronne à l’ouverture du procès devant juge seul, la plaignante a d’abord précisé qu’elle et M. Fortin fréquentaient tous les deux le collège militaire de Saint-Jean-sur-Richelieu au moment de l’agression présumée, qui aurait eu lieu entre janvier et avril 1988.

La plaignante a raconté en anglais à la procureure de la Couronne Diane Legault qu’elle habitait dans une caserne avec une colocataire et qu’il y avait une règle selon laquelle leur porte devait toujours rester déverrouillée.

Elle a raconté qu’elle s’était réveillée peu après minuit un soir et qu’elle avait senti que quelqu’un lui avait pris la main et l’utilisait pour se masturber. Elle a senti une autre main sur sa poitrine, sous les draps.

Elle a précisé au tribunal qu’elle était allongée sur le côté et qu’elle s’est figée de panique et de stupeur en réalisant la position dans laquelle elle se trouvait. Avant de faire quoi que ce soit d’autre, a-t-elle dit, elle a ouvert un œil et elle a reconnu M. Fortin, penché sur elle.

« Lâche-moi »

Après lui avoir fait comprendre qu’elle était réveillée, en changeant de position et en s’éloignant de lui, elle a dit qu’elle avait commencé à le repousser et lui a murmuré : « Lâche-moi ». Pensant à sa colocataire un peu plus loin dans la chambre, elle a également chuchoté son prénom, essayant d’attirer l’attention de la femme. Elle a dit qu’après une brève lutte, l’accusé a reculé, a remonté son pantalon et est reparti.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi elle n’avait pas crié, la plaignante a soupiré et a pris une longue pause, avant de faire remarquer qu’il s’agissait d’une situation très embarrassante. Elle savait que « ce genre de chose était arrivé à d’autres » au collège et elle était bien consciente des « impacts que ça peut avoir quand c’est signalé ».

« J’étais horrifiée. Je ne voulais pas que quelqu’un surgisse et me trouve dans cette position – alors que quelqu’un me fait ça, me rabaisse ainsi », a-t-elle dit, en décrivant son état psychologique sur le coup. « J’espérais, avec [ma colocataire] là-bas, et le fait de lui dire d’arrêter, que cela, en soi, la peur, ce serait suffisant pour qu’il me laisse tranquille. »

Elle a déclaré au tribunal qu’elle était « à 100 % » certaine de l’identité de son agresseur. L’avocate de M. Fortin, Isabel Schurman, a déclaré que la défense contesterait vigoureusement cette identification.

Au cours de son contre-interrogatoire, Me Schurman a mis en évidence des incohérences entre les souvenirs de la plaignante et ce qu’elle avait déjà raconté aux autorités. La défense l’a ainsi confrontée sur l’année de l’agression présumée, si elle s’était produite avant ou après minuit, si elle avait reconnu M. Fortin par sa voix ou si sa colocataire était présente cette nuit-là. La plaignante a notamment expliqué lundi qu’elle était « très stressée » lors du dépôt de sa plainte aux autorités.

Le major-général Fortin a toujours clamé son innocence.

Le nom et les détails qui pourraient identifier la plaignante font l’objet d’une ordonnance de non-publication.

Bureaux de passeport fermés

Les rendez-vous annulés seront reportés « en priorité »

Les bureaux de passeport et les Centres Service Canada étaient fermés lundi pour le jour de deuil national de la reine. Tous les rendez-vous devaient être reportés « en priorité », a indiqué le gouvernement. « Si vous avez un rendez-vous [lundi], nous communiquerons avec vous pour le reporter en priorité. Nous travaillerons avec vous pour trouver une solution adaptée à votre situation et de vos besoins en matière de service », peut-on lire sur le site du ministère Immigration, Réfugiés et Citoyenneté. À l’heure actuelle, le traitement des passeports peut prendre jusqu’à deux semaines pour les gens qui quittent le pays d’ici les 45 prochains jours. Autrement, le temps d’attente peut s’élever jusqu’à 17 semaines, plus le délai postal. — Delphine Belzile, La Presse

Espèce envahissante

Des moules zébrées trouvées dans le Bas-Saint-Laurent

Des moules zébrées, espèce envahissante presque impossible à déloger, ont été trouvées pour la première fois dans la région du Bas-Saint-Laurent, au lac Témiscouata. Du personnel du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a été dépêché sur le terrain pour évaluer la situation. Un plan d’action sera mis en œuvre avec les intervenants régionaux afin de « prévenir la dispersion et l’introduction de l’espèce dans d’autres lacs de la région qui ont des conditions favorables à la prolifération des moules zébrées », peut-on lire dans un communiqué. Pas plus grosse qu’un ongle et originaire d’Eurasie, l’espèce envahissante peut, en quelques années, changer un paysage subaquatique. — Vincent Larin, La Presse

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