Participante à la Maison ronde

Zoom sur Michelle O'Soup

Michelle rêve de pouvoir aider d’autres jeunes femmes autochtones comme on l’a aidée dans sa vie. « J’aimerais devenir travailleuse sociale pour pouvoir redonner ce que j’ai reçu. »

Michelle, 32 ans, est de la nation Cri-Saulteaux et a grandi à Edmonton, en Alberta. Autochtone urbaine, elle n’a jamais habité dans une communauté crie, mais a maintenu des liens avec sa culture en revisitant celles de ses parents. Elle a aussi fréquenté une école autochtone où elle a appris les rudiments de la langue crie. Elle a cinq sœurs et deux frères. Malheureusement, ses parents sont décédés dans les dernières années.

« Ma mère était une survivante des pensionnats, elle y a été pendant neuf ans en Saskatchewan et en a gardé un traumatisme. C’est elle qui m’a transmis les valeurs autochtones. Mon père, lui, vivait sa culture à fond, mais, étant plutôt passif, en parlait moins, sauf quand il buvait. Mes deux parents ont lutté toute leur vie contre la dépendance. »

— Michelle O'Soup

À l’âge de 14 ans, elle déménage à Niagara Falls, en Ontario, avec la fratrie pour rejoindre son frère et sa sœur qui y vivent déjà. « Ce n’était pas super là-bas. Il n’y avait pas beaucoup d’opportunités pour moi. À 15 ans, j’ai rencontré mon conjoint avec qui j’ai eu ma première fille, Emeline, à 16 ans. Lui avait 17 ans. Quand elle est née, il m’a quittée. » Elle a deux autres enfants, Matthias, 10 ans, et Micha, 12 ans. Tous trois vivent avec leurs pères respectifs.

Les larmes coulent à l’évocation de toutes les souffrances qui l’ont amenée à faire une thérapie par et pour des Autochtones sur l’île Manitoulin dans la baie Georgienne, en Ontario. « Ça m’a fait un grand bien. J’y suis même retournée une deuxième fois et je garde contact avec les intervenants. »

Michelle est finalement venue rejoindre l’une de ses sœurs à Montréal, avec la ferme intention de refaire sa vie. Bien qu’elle soit loin de ses enfants, elle maintient un contact quotidien avec eux.

Jusqu’à tout récemment, la jeune femme a vécu au Foyer pour femmes autochtones de Montréal et a su profiter des divers services qu’on y offrait. Elle a entendu parler du programme d’employabilité de la Maison ronde par Elizabeth, une employée de L’Itinéraire qui travaillait alors au refuge. Michelle est rendue à la phase 2 du programme en plus de travailler pour compléter son secondaire. Et, bonne nouvelle : elle vient de décrocher un emploi à temps partiel au refuge Chez Doris, qui accueille des femmes (dont plusieurs autochtones) en situation d’itinérance.

Il semble donc que Michelle soit sur la bonne voie pour réaliser ses rêves, un pas à la fois. Dans ses propres mots : « I’m so grateful to Marilou [chargée de projet de la Maison ronde, qui l’accompagne dans sa démarche] and Roundhouse. I’m so excited about my new journey ahead. I’m staying positive and I know this is just the beginning ! »

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