Canadien

Les leaders d’hier doivent se lever

Rappelons-nous il y a un peu moins d’un an.

Phillip Danault, Tomas Tatar et Brendan Gallagher formaient de loin le meilleur trio du Canadien, et l’un des plus productifs de la LNH à cinq contre cinq.

Ben Chiarot et Shea Weber, depuis leur union en novembre 2019, s’acquittaient des tâches délicates contre les meilleurs trios adverses. Ils ont poursuivi leur travail colossal en séries éliminatoires.

L’arrivée de Josh Anderson, Tyler Toffoli, Joel Edmundson, Alexander Romanov et Jake Allen était stimulante, car ces joueurs de talent se greffaient à un club dont la colonne vertébrale était déjà solide.

Les nouveaux n’ont pas déçu. Mais la colonne vertébrale semble fragile. D’où les insuccès du Canadien récemment.

Tatar constituait le meilleur compteur du club l’an dernier avec 61 points en 68 matchs, au 32e rang dans la LNH, un point de plus que John Tavares, Jonathan Toews et Mathew Barzal.

L’ailier gauche a obtenu seulement 9 points en 16 matchs cette année, mais ses carences défensives sont inquiétantes. Il a été rayé de la formation avant la pause d’une semaine et cloué au banc dimanche à compter de la 12e minute de la troisième période. Il ne joue plus avec Danault et Gallagher depuis quelques matchs.

Danault s’acheminait vers une saison de 54 points, sa meilleure en carrière. Il brillait contre les meilleurs trios adverses, au point de terminer au sixième rang dans les votes pour l’obtention du trophée Selke, remis à l’attaquant défensif par excellence dans la LNH, devant Anze Kopitar et Aleksander Barkov, entre autres.

Comme dans le cas de Tomas Tatar, Phillip Danault vit une situation contractuelle difficile. Il deviendra joueur autonome sans compensation à la fin de la saison, et les négociations ne semblent pas avancer avec la direction.

Son rôle a diminué en séries éliminatoires avec l’émergence de Nick Suzuki, mais il a retrouvé de bons ailiers depuis le début de la saison et joue entre 16 et 18 minutes par rencontre.

Danault vient pourtant au 10e rang des compteurs de l’équipe avec 6 points en 17 matchs. Il n’a toujours pas de but.

Gallagher est sans doute affecté par la baisse de rendement de ses coéquipiers. Sa production offensive est adéquate avec six buts, un rendement de 29 sur une saison complète, mais il commet souvent des revirements auxquels nous ne sommes pas habitués.

Chiarot n’est plus que l’ombre du défenseur qu’il était en séries éliminatoires. Il prend souvent de mauvaises décisions avec la rondelle et écope de vilaines pénalités.

Il a déjà écopé de 11 pénalités mineures cette saison, un sommet chez le Canadien. Brett Kulak vient au deuxième rang chez les défenseurs de l’équipe avec sept. On ne prend pas autant de pénalités sans être en retard sur le jeu.

Weber est lent depuis quelques semaines. La statistique des plus et des moins n’est pas toujours la plus révélatrice, mais il est le seul joueur du Canadien avec une fiche négative, - 4. Il a perdu son impact offensif. Il aurait besoin d’un partenaire plus mobile et doué offensivement.

Dilemme

Claude Julien et ses entraîneurs ont un dilemme important : s’accrocher aux résultats passés et tenter de relancer leurs joueurs fiables d’hier en les gardant dans le contexte d’antan. Ou briser complètement la vieille recette.

Déjà, samedi, sa formation dans les derniers instants du match a été surprenante : Anderson, Toffoli, Kotkaniemi et Suzuki ont été déployés sur la glace pour tenter de marquer le gros but. Pas de Gallagher, Tatar, Danault (pour la mise en jeu), Drouin ou Armia.

Est-ce qu’on tente de relancer Brendan Gallagher en le plaçant avec Jesperi Kotkaniemi au lieu de tenter de relancer Phillip Danault en lui donnant Tyler Toffoli ? Pas facile, la vie d’entraîneur.

En défense, on peut bien blâmer le manque de créativité de Chiarot et de Joel Edmundson au sein des deux premières paires, mais Alexander Romanov est une recrue et il y a encore des failles (normales) dans son jeu.

Devant le filet, Carey Price n’est pas fumant comme en séries l’été dernier, mais il n’est pas coupable non plus des insuccès récents du Canadien.

Cette équipe est en panne de confiance. Il suffit parfois d’un changement ou deux, d’une victoire, puis d’une autre, pour relancer le train. On l’espère. Parce que le directeur général risque de ne pas être patient.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.