Le Canadien

« Mon calibre de jeu n’a pas du tout été à la hauteur »

Jeff Petry fait son mea culpa

Buffalo — Joel Edmundson a manqué à bien du monde depuis le début de la saison, mais il n’a sans doute manqué autant à personne qu’à Jeff Petry.

Le souvenir est lointain, mais la saison dernière, le nom de Jeff Petry circulait allègrement en coulisses quand il était question des candidats au trophée Norris. En plus d’être fiable en défense, Petry produisait en attaque, et il a fini la saison avec une récolte de 42 points en 55 matchs. Projetée sur une saison de 82 matchs, cette récolte aurait donné environ 63 points, ce qui aurait conféré à Petry la meilleure production offensive de sa carrière.

Est-ce que tout cela a été possible grâce à Joel Edmundson ?

En tout cas, la question se pose. Elle se pose parce que sans Edmundson, blessé, Petry ne ressemble en rien au joueur d’il y a un an.

« J’aime jouer avec lui, on a eu du succès et on a bien travaillé ensemble la saison dernière. Je ne sais pas quand il sera de retour, mais j’ai hâte de le revoir. »

— Jeff Petry, à propos de son partenaire à la ligne bleue Joel Edmundson

Pour l’heure, le retour au jeu d’Edmundson n’a pas été confirmé par le club, mais lors de l’entraînement de jeudi à Buffalo, il avait repris sa place habituelle à la gauche de Petry, ce qui laisse croire qu’il pourrait être en uniforme lors du prochain match du Canadien, vendredi soir au KeyBank Center, contre les Sabres.

« On est payés pour jouer, pour se présenter chaque soir, et quand il y a des blessés, on doit jouer avec des nouveaux, a ajouté Petry. Je trouve que mon calibre de jeu n’a pas du tout été à la hauteur. J’essaie encore de retrouver cette confiance, ce style de jeu qui m’a apporté du succès dans les dernières saisons. On a eu cette cohésion, Joel et moi, par le passé. J’espère, pour le bien de tout le monde ici, qu’il sera de retour dans un avenir pas trop éloigné. »

Dans la foulée, celui qui porte le numéro 26 a admis ne pas être au sommet de sa forme.

« Je dois retrouver ma touche offensive. Je dois jouer de manière simple ; je garde la rondelle trop longtemps, je ne bouge pas mes pieds. Mon coup de patin est probablement ma plus grande qualité, alors je dois revenir à ça, ne pas forcer les choses ; s’il n’y a pas de ligne de passe, je dois conserver la rondelle. »

« Je ne veux pas parler de pression, ça ne devrait pas expliquer mon jeu, mais [Shea] Weber est une grosse partie du club, et sans lui, c’est plus de responsabilités pour moi en défense. C’est un rôle différent pour moi, mais je ne vais pas me servir de ça comme excuse. »

— Jeff Petry

Dominique Ducharme trouve lui aussi que Jeff Petry n’a pas été le même depuis la blessure de Joel Edmundson. « Ce n’est qu’une partie de l’équation, a répondu l’entraîneur-chef. Ce n’est pas la raison principale, mais ça peut avoir une petite incidence. »

Déjà trop tard ?

Avec tout ça, on peut commencer à se demander si les joueurs du Canadien vont manquer de temps ; en ce jeudi de l’Action de grâce aux États-Unis, il est de bon ton de dépoussiérer l’inévitable statistique : depuis la création du format actuel des séries en 2013-2014, et dans une proportion d’environ 75 %, les clubs qui font partie du tableau des séries à cette date feront aussi partie du tableau des séries quand ça va commencer pour vrai, en mai.

Et il se trouve que le Canadien est à 10 points d’une place en séries. Dramatique ? Oui, vu l’état des choses ; cette fiche de 5-14-2, pour un total de 12 points, représente le pire départ après 21 matchs dans toute l’histoire du club.

Tyler Toffoli, qui fait certes partie des déceptions, estime malgré tout que la source de l’espoir n’est pas encore tarie.

« On l’a vu souvent par le passé, les choses peuvent changer dans cette ligue. »

— Tyler Toffoli

« Cette année seulement, on a vu quelques clubs se ressaisir, des clubs qui se sont mis à gagner cinq matchs de suite pour se replacer dans la course, a tenu à dire l’attaquant. Si on fait ça, on va se donner une chance. »

Mais avant de penser à en gagner cinq de suite, le Canadien devra penser à en gagner deux de suite. Ce qui n’est pas arrivé une seule fois cette saison.

On brasse la soupe

Pour une énième fois, Dominique Ducharme a choisi de remanier ses trios. Cette fois, à l’entraînement de jeudi à Buffalo, on a vu Jonathan Drouin à gauche du premier trio, en compagnie de Nick Suzuki et de Cole Caufield. Tyler Toffoli était à gauche du deuxième trio, avec Christian Dvorak et Josh Anderson. Ducharme a tout résumé avec une seule phrase, qu’il répète souvent ces jours-ci : « Ça nous prend plus de constance… »

Le retour de Claude Julien

Dominique Ducharme n’a pas parlé à Claude Julien récemment, mais il se réjouit tout de même des dernières nouvelles concernant l’ancien entraîneur-chef du Canadien. Ainsi, selon Sportsnet, Julien serait pressenti pour diriger la formation canadienne au tournoi de la Coupe Spengler, du 26 au 31 décembre, et il pourrait aussi diriger une équipe canadienne aux Jeux olympiques si la LNH se désiste. « Je suis content pour lui parce que la Coupe Spengler, c’est un tournoi assez spécial, a répondu Ducharme. Je lui souhaite de revenir avec la médaille d’or. »

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