Martin Dubreuil en 10 rôles

Depuis ses premiers contrats professionnels, dans Deux frères (à la télévision) et Elvis Gratton II (au cinéma), Martin Dubreuil a énormément joué au cinéma, beaucoup à la télé et un peu au théâtre. En plus d’être Johnny Maldoror dans le groupe Les Breastfeeders. Tour d’horizon en 10 rôles.

Elvis Gratton II — Miracle à Memphis (1999)

Scénario : Pierre Falardeau et Julien Poulin

Réalisation : Pierre Falardeau

« Je joue Sti ! qui est un Elvis punk. Et je reviens dans le troisième film. Ce fut mon premier rôle professionnel après 10 ans de courts métrages underground. On m’en parle encore. Le comédien Simon Pigeon a appris ma scène par cœur et me l’a jouée. Avec Falardeau, j’ai aussi été le patriote François-Xavier Prieur dans 15 février 1839. Un beau rôle marquant aussi. »

Les 7 jours du Talion (2010)

Scénario : Patrick Senécal

Réalisation : Podz

« On dit de ce rôle qu’il m’a mis sur la map. Pour moi, ce fut une de mes plus grandes performances, notamment sur le plan du jeu physique. J’incarne le pédophile et je me fais torturer tout le long. J’ai beaucoup appris et me suis bien préparé. Dans une scène, j’étais nu, suspendu, avec la carabine de Bruno [Claude Legault] dans le visage. Il m’a fallu surmonter ma gêne pour être capable de pleurer. J’y suis arrivé en me mettant à beugler. » Dubreuil a aussi travaillé avec Podz dans 10 1/2 et L’affaire Dumont.

Chasse au Godard d’Abbittibbi (2013)

Scénario et réalisation : Éric Morin

Ce film relate par la fiction le passage de Jean-Luc Godard en Abitibi à l’automne 1968 pour lancer une télévision communautaire libre. « Je joue Pierre Harel d’Offenbach là-dedans. On a changé le nom parce que Pierre ne voulait pas être associé au film. Mais Harel a vraiment été l’assistant de Godard. Ça m’a consolé du rôle de Pierre Huet qu’on m’avait donné dans le film Gerry alors que je voulais y incarner Harel. »

Félix et Meira (2014)

Scénario : Maxime Giroux et Alexandre Laferrière

Réalisation : Maxime Giroux

Ce film, à notre avis le plus beau de Maxime Giroux, raconte l’histoire d’amour singulière entre un Québécois francophone et une jeune juive hassidique mariée et mère d’un bambin. « C’est mon grand rôle romantique, dit Dubreuil. Et aussi un rôle essentiel dans l’association Laferrière-Giroux-Dubreuil. » Le comédien a beaucoup tourné avec Giroux, notamment dans le court Le rouge au sol – « un film qui a fait le tour du monde et avec lequel j’ai remporté des prix » – ainsi que dans La grande noirceur (idée originale et dialogues de Simon Beaulieu), « une aventure cinématographique improbable et extraordinaire ».

Bunker (2014)

Scénario : Olivier Roberge

Réalisation : Patrick Boivin

Martin Dubreuil (Tremblay) et Patrice Robitaille (Gagnon) incarnent deux militaires confinés durant six mois dans un bunker où ils sont confrontés à la possibilité de déclencher une guerre nucléaire avec peu de moyens pour vérifier si le pays est réellement attaqué. « Ce fut vraiment le fun de jouer un militaire. Ce fut un long tournage, très immersif. Je fais de la raquette, je me baigne dans l’eau gelée, etc. Je jouerai aussi dans le prochain film de Patrick Boivin. »

Le chant de Meu (2014)

Scénario : Robin Aubert

Mise en scène : Benoît Desjardins

Une rare apparition au théâtre dans cette fable sur l’amitié où un homme tue une vache à coups de couteau avant de se tourner vers le propriétaire de la bête. « J’étais stressé de faire du théâtre, dit le comédien qui incarne Alain et donne la réplique à Hubert Proulx (Marco). J’avais déjà une réputation honorable d’acteur, mais je n’étais pas habitué. J’ai eu de bonnes critiques. Ce fut un passage important. Ça m’a fait du bien d’avoir du succès au théâtre et de montrer que je peux jouer aussi devant un public. J’espère pouvoir en refaire. »

À tous ceux qui ne me lisent pas (2018)

Scénario : Yan Giroux et Guillaume Corbeil

Réalisation : Yan Giroux

Un film biographique atypique sur la vie du poète Yves Boisvert et un rôle principal qui permet au comédien de recevoir le prix Iris du meilleur acteur au Gala Québec Cinéma en 2019. « Je m’ennuie de ce rôle. C’était, d’un point de vue fictionnel, la vie rêvée. Ça ressemble à ce que j’ai longtemps vécu, pour avoir frayé dans les milieux de la poésie et des bars. Un mode de vie que j’aimais beaucoup avant d’être père de famille. J’ai revécu cette époque en me glissant dans la peau du poète. »

Le vingtième siècle (2019)

Scénario et réalisation : Matthew Rankin

Premier long métrage de Matthew Rankin, Le vingtième siècle est une satire biographique sur la jeunesse de William Lyon Mackenzie King. « Je joue l’homme politique John Christian Schultz. J’ai une main en forme de cactus et je suis un tueur. Je porte une grosse moustache et des lunettes d’aviateur. J’ai aussi joué dans le premier court métrage de Matthew à l’INIS, Le facteur poulpe, ainsi que dans son court Tabula Rosa où j’étais constamment mouillé. »

Bête noire (2021)

Scénario : Patrick Lowe et Annabelle Poisson

Réalisation : Sophie Deraspe

« Un de mes premiers rôles de police, dit-il à propos de cette série qui a récemment obtenu le Gémeaux de la meilleure série dramatique. On m’a appelé en audition pour incarner un gars coupable de négligence, mais Sophie Deraspe me voulait comme policier. J’ai relevé le défi. Et j’ai adoré ça ! C’est un autre univers. Je n’avais jamais travaillé dans ce sens-là : être méthodique, chercher un coupable à tout prix, avoir des comptes à rendre. Tout le contraire de mes rôles marginaux, de personnages disjonctés. Et mon personnage est gai. »

Les Breastfeeders (depuis 1999)

Martin Dubreuil est un des membres fondateurs de ce groupe rock dans lequel, sous le pseudonyme de Johnny Maldoror, il est coparolier et tambouriniste. « Ça, ça me permet de rester un bum qui continue à boire de l’alcool avec ses chums [rires]. Ça me tient loin de la chaise berçante et de la pipe. Nous sommes moins affairés qu’avant, mais on est rendus un band culte. On fait toujours des bons shows explosifs, le fun, où tout peut arriver. Cet été, on a fait six spectacles et nos chansons sont encore jouées dans des radios indépendantes. »

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